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Contexte général

- Lexique -

Adivasis : Communautés indigènes des régions rurales du sous-continent Indien, les Adivasis sont demeurés extérieurs au système traditionnel hindou. Presque exclusivement ruraux, ils survivent de l’agriculture.
Dalits : Litt. : opprimés. Syn. : intouchables. La plus basse des castes dans l’ordre social hindou.
Panchayat : Fédération ou association de villages.
Sarpanch : Représentant élu d'un Panchayat.
Gram sabha : Assemblée de Panchayat.
Palli sabha : Assemblée de village.
Oriya : Principale langue parlée en Orissa.
Rayagada : District de l’état d’Orissa
Kashipur : Nom traditionnel du comté qui chevauche le district de Rayagada, Orissa.

- Parties impliquées -

U.A.I.L. : Utkal Alumina International Limited. Une entreprise conjointe mise sur pied en 1993 pour exploiter les ressources aurifères de la région du Kashipur.
Indal : Partenaire majoritaire d’UAIL. Subsidiaire de Hindalco Industries, elle même filiale du conglomérat Aditya Birla.
Alcan : Transnationale canadienne. Deuxième producteur mondial d’aluminium.
Norsk Hydro : Compagnie norvégienne active dans le domaine de l’énergie. Troisième producteur d’aluminium au monde. Hydro s’est retirée du projet UAIL suite aux pressions des mouvements populaires.
Prakrutik Sampad Surakshya Parishad (PSSP): Mouvement populaire basé au Kashipur. À l’avant plan de la résistance contre le projet minier U.A.I.L.
Alcan’t in India : Campagne de solidarité avec les luttes de résistance des communautés du Kashipur. Basée à Montréal, Canada.

- Données de base -

- Depuis 1999, la compagnie canadienne ALCAN est partenaire active dans l’entreprise conjointe Utkal Alumina International Limited (UAIL). Initialement l’entreprise était composée des partenaires suivants : Indal (Inde), les industries Tata (Inde), et Norsk Hydro (Norvège).

- Suite au retrait du partenaire Norsk Hydro, en 2001, ALCAN possède désormais 45% des parts actives dans l’entreprise conjointe. À ce jour, le partenaire majoritaire (55%) est Indal.

- Le projet, évalué à plus d’un milliard de dollars, comporte une mine de bauxite et une raffinerie d’alumine, toutes deux prévues pour la région du Kashipur (district de Rayagada) dans l’état oriental d’Orissa, en Inde.

- Les habitants de la région font majoritairement parti des communautés Adivasis (autochtones, « tribaux ») et Dalits (caste la plus basse du système hindou).

- Le nombre d’habitants qui seraient affectés, directement ou indirectement, par le projet minier d’UAIL se chiffre entre 10 000 et 60 000, selon les sources.

- Le projet prévoit un programme de « réhabilitation et re-localisation » pour 148 familles, une fraction des milliers de personnes qui seront en réalité affectées par le projet.

- La seule étude d’impact environnemental officielle réalisée à ce jour, par la firme Engineers India Ltd., n’a jamais été rendue publique (ce qui est illégal en vertu de la loi de l’état), et ce malgré les demandes répétées des mouvements populaires.

- Alcan a prétendu avoir l’appui des représentants élus de 23 des 24 villages « officiellement affectés » par le projet. À ce jour, la compagnie n’est pas en mesure, ou refuse, de prouver publiquement son affirmation. Récemment, les responsables du projet ont admis que leurs documents n’ont aucune valeur légale puisqu’elle sont le résultat de « rencontres spontanées ».

- De son coté, Alcan’t in India possède une importante somme de preuves que l’ensemble des communautés affectées sont en totale opposition au projet.

- Devant la résistance des communautés locales, le projet était paralysé depuis l’an 2000, mais les récents développements indiquent qu’il est de nouveau en marche.

- Depuis que le Ministre en Chef d’Orissa à ordonné la « suppression de toute activité anti-mine » dans la région, en novembre 2004, des rassemblements populaires ont été brutalement attaqués par la police, des « meneurs » présumés ont été violentés et emprisonnés en vertu de fausses accusations, les ONG locales sont soumises au harcèlement politique; toute la région est essentiellement sous occupation policière. Les activités de commémoration du 16 décembre 2004 ont été marquées par des violences perpétrées par des employés de la compagnie à l’endroit des manifestants et observateurs extérieurs.

- En 2005, plusieurs commissions d'observation indépendantes se sont rendues au Kashipur et ont publié des témoignages condamnant l'abus et l'intimidation à l'endroit des habitants de la région. L'abus y est clairement identifié au projet minier et à l'opposition qu'il suscite.

- Le statut du projet est toujours en suspend. Alcan insiste que le développement est toujours au stade "d'étude de faisabilité".

- Informations détaillées -
La région du Kashipur, dans le district de Rayagada, Orissa, contient une des plus importantes réserves aurifères de bauxite dans le monde. En 1993, une entreprise conjointe, comprise de plusieurs compagnies privées, était formée pour initier un projet d’extraction de ce minerai pour en produire de l’alumine. La région touchée par le projet et principalement peuplée d’Adivasis (peuples indigènes d’Inde) et de Dalits (basse caste). Ce projet, s’il est exécuté, entraînera le déplacement massif et une dégradation de la qualité de vie pour ces populations. Les habitants du Kashipur se sont opposé au projet depuis le tout début.


Pourquoi le projet est-il mauvais pour la population?

Le déplacement et la perte de la qualité de vie : Les habitants du Kashipur ont cultivé leurs terres depuis des siècles. Les priver de leurs terres reviendrait à les destituer de tous leurs biens, puisqu’ils n’ont aucune autre avenue pour leur survie. L’agence norvégienne de développement, NORAD, a estimé que des dizaines de milliers de personnes pourraient être déplacées par ce projet. Si ce projet est réalisé il détruira complètement une communauté qui jusque là était autosuffisante.

Faits sur le déplacement : Les Adivasis constituent un peu moins que 8% de la population total indienne, mais comptent pour plus de 40% des « déplacés » en Inde. Des estimations conservatrices place le nombre de personnes déplacées par des projet de « développement » en Inde (depuis 1947) à quelques 33 millions. 1,4 million de personnes ont été déplacés par de tels projet en Orissa depuis 1947. L’industrie minière en Orissa a déplacé 50 000 personnes. On estime que les futurs projets en déplaceront encore quelques 100 000.

La perte des cultures indigènes: La communauté sera divisée et morcelée, ce qui entraînera une perte pour la culture indigène. La perte de la communauté entraînera également une plus grande insécurité pour les femmes et les enfants. Les Adivasis perdront la montagne Baphlimali à cause du projet. Cette montagne est sacrée pour eux puisqu’ils y voient le gîte de la déesse Baphlimali.


Impacts environnementaux

La technique proposée pour l’extraction de la bauxite au Kashipur est extrêmement nocive pour l’environnement. Les décharges effluentes , sous-produit du raffinage de la bauxite, s’appellent « boue rouge ». On prévoit s’en débarrasser en stockant la boue rouge dans une région isolée. Cette méthode entraînera l’accumulation d’au moins 125 tonnes de soude caustique par jour. Les résidus seront déversés dans deux courants qui sont les principales sources d’eau pour les villages des alentours. De telles quantités massives de dépôts alcalins augmentera le pH de l’eau à 13, rendant ainsi l’eau impropre à la consommation. L’agriculture et la vie aquatique qui se trouvent en amont seront sévèrement affectés. Référez-vous à http://www.saanet.org/kashipur/images/lake.jpg pour une image d’un plan d’eau pollué par le projet minier NALCO, se trouvant à proximité du Kashipur.

Les rejets de cendre : L’énergie requise de 80 Mw nécessitera quelques 2 800 à 3 000 tonnes de charbon par jour. On estime que ce procédé générera de 900 à 1 000 tonnes de cendres par jour, qui seront rejetées dans un « étang de cendre ». Référez-vous à http://www.saanet.org/kashipur/images/pond.jpg pour une image de l’étang de cendre du projet minier NALCO.

Le vidage des terres de recouvrement et du remblai : En accord avec les droits environnementaux accordés par le gouvernement, la compagnie n’aura pas à s’occuper elle-même du vidage des terres de recouvrement pour les cinq premières années. Il est probable que les terres de recouvrement seront rejetées sur les pentes de la région minée, ce qui entraînera l’envasement des cours d’eau et l’endommagement des terres cultivables.

La violation des droits fondamentaux : La « Fifth Schedule » de la constitution indienne garantit les droits des peuples indigènes sur leurs ressources naturelles et leurs territoires. Les Adivasis perdront des territoires qui leur appartiennent selon la constitution indienne.

Aucun bénéfice tangible pour la population locale : Ce projet minier est orienté à 100% vers l’exportation. Tout l’aluminium sera exporté car l’Inde est autosuffisante en terme de production d’aluminium. Il n’y aucun plan pour le Kashipur une fois que l’exploitation minière y sera épuisée.


Le statut du projet
Malgré la répression, la population du Kashipur est tout à fait résolue dans son opposition au projet. La construction n’a pas encore commencé. Cependant, une récente enquête judiciaire sur les meurtres du 16 décembre 2000, a disculpé la compagnie et le gouvernement. Ceci donne le feu vert au début des travaux de construction.